Blood from a stone | Bande annonce en français | 2009
Acteurs : Babette Masson, Harry Holtzman, Laurent Fraunié
Réalisateur : David Michael Clarke
Format : DV-PAL
Tournage : Château Gontier, Nantes, Angers
Bande originale : Sylvain Beorchia
Voix off : Sarah Deslandes
Blood from a stone est produit avec le concours du Carré scène nationale de Château Gontier
#01
Enfermés à l'interieur du paysage urbain, deux hommes et une femme attendent. Ils ne sont pas ensemble, mais ils ne sont pas loin. Ils ne se remarquent pas. Ils ne remarquent pas les autres, qui ne les remarquent pas non plus.
Enfermés à l'interieur du paysage urbain, deux hommes et une femme attendent. Ils ne sont pas ensemble, mais ils ne sont pas seuls. La forme humaine n'est pas la seule forme à ponctuer ce pays stérile, mais les autres sont silencieux, immobiles et inertes.
Enfermés à l'interieur du paysage urbain, deux hommes et une femme attendent. Ils n'attendent rien. Ils attendent, juste.
#02
Trois acteurs errent dans la rue. Les portes du théâtre ont fermées pour la dernière fois. Ce n'est pas une mauvaise troupe. Seulement les temps ont changé et les gens cherchent d'autres distractions.
Trois acteurs errent dans la rue. Les portes du théâtre ont fermées pour la dernière fois. Ce n'est pas de mauvais acteurs. En fait, ils étaient très bons. Ils étaient marionettistes, experts dans la manipulation des objets. Ils pouvaient faire danser un sac de riz avec autant de délicatesse qu'une princesse russe, mais cela importe peu dans le monde moderne.
Trois acteurs errent dans la rue. Le mobilier urbain les fixe comme s'il disait, " N'y penses même pas ". C'est l'heure de la revanche. L'attente est fini. La révolution est là.
#03
Le cinéaste ne peut pas dormir. Son lit est trop doux. Il boit une tasse de café, attrape sa caméra, et sort dans l'apaisante lumière bleue qui annonce le jour.
Le cinéaste ne peut pas dormir. Son lit est trop doux. Une fois dehors, il se dirige vers la place publique que les pères de la ville viennent juste de reconstuire. Il se baisse et touche les pavés, toujours froid de la nuit, se couche sur le granit dur, ferme les yeux, et il permet un frisson de parcourir son épine dorsale.
Le cinéaste ne peut pas dormir. Il a raté le moment. Lorsqu'il ouvre ses yeux, la modeste place urbaine se dévoile comme un vaste désert. Il se sent mal à l'aise, étranger loin de chez lui. Au fur et à mesure que la ville se réveille, il reste là, couché, à regarder. Les gens ordinaires commencent à s'affairer à leur quotidien. Les autres attendent, seulement.